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"Personne ne veut servir de chair à canon" : en Ukraine, l'enrôlement forcé de combattants alimente la colère de la population

Après plus de quatre ans de guerre contre la Russie, Kiev peine à renouveler ses effectifs. Les médias ont documenté des centaines d'interpellations brutales, que ce soit dans la rue ou dans les restaurants.

"Personne ne veut servir de chair à canon" : en Ukraine, l'enrôlement forcé de combattants alimente la colère de la population

Après plus de quatre ans de guerre contre la Russie, Kiev peine à renouveler ses effectifs. Les médias ont documenté des centaines d'interpellations brutales, que ce soit dans la rue ou dans les restaurants.

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Un soldat ukrainien dans la région de Zaporijia, le 1er octobre 2023. (ROMAN PILIPEY / AFP)
Un soldat ukrainien dans la région de Zaporijia, le 1er octobre 2023. (ROMAN PILIPEY / AFP)

Le front ukrainien manque d'hommes. Les permissions et les rotations sont devenues de plus en plus compliquées. Après la première année de guerre, marquée par une vague impressionnante d'engagements volontaires, la campagne de mobilisation est désormais devenue un sujet explosif.

Les vidéos d'arrestations musclées par les centres de recrutement se multiplient. Des rafles dans les restaurants, dans les rues, pour vérifier les papiers militaires. Des hommes envoyés à la caserne, en quelques secondes. Des manifestations ont eu lieu ces dernières semaines pour protester contre ces méthodes qui alimentent la colère de la population.

Les trois lettres TCK, l'agence de recrutement militaire, terrorisent désormais les Ukrainiens. En juin, Vitaly marchait dans les rues de Kharkiv, le nez rivé sur son smartphone pour suivre la Coupe du monde. "Tout à coup, un bus vert s'est arrêté sur la route, juste à côté de moi. Deux types en uniforme militaire ont sauté et ont commencé à courir très vite vers moi", raconte-t-il. Instinctivement, Vitaly fuit. En courant, il tombe et se casse le bras. Les agents l'entourent, puis comprenant qu'ils n'auront rien à en tirer, s'en vont. Vitaly part à l'hôpital.

"L'infirmière m'a dit : 'Vous avez eu de la chance, sinon vous auriez été envoyé direct au front.'"

Vitaly, habitant de Kharkiv

à franceinfo

En Ukraine, on a même trouvé un nom à cela : la "busification". Sur les réseaux sociaux, certains racontent que pour s'en sortir ils ont payé jusqu'à 10 000 dollars. D'autres parlent des passages à tabac pour obliger à signer des papiers d'enrôlement. Et puis l'envoi rapide au combat. Autant de témoignages qui terrorisent les Ukrainiens de l'arrière. "Personne ne veut servir de chair à canon après avoir passé juste un mois dans un camp d'entraînement", explique Vitaly. Après plus de quatre ans de guerre, l'Ukraine peine à renouveler ses effectifs. Les médias ont documenté des centaines d'interpellations brutales. Les autorités, elles, dénoncent aussi une campagne de désinformation russe qui amplifierait ces scènes.

L'armée ukrainienne compte quelque 900 000 personnes et mobilise environ 30 000 personnes supplémentaires par mois. Et tous les hommes âgés de 25 à 60 ans ont l'interdiction de quitter le pays, sauf autorisation spéciale. À Lviv, début juillet, des émeutes ont eu lieu après un enrôlement forcé. "Bien sûr qu'il faut des gens pour se battre, reconnaît-il. Mais les Ukrainiens voient que beaucoup de députés ou de gens du gouvernement ont envoyé leurs enfants à l'abri à l'étranger, ils ne combattent pas eux-mêmes et ils appellent à la mobilisation de tous."

Pour Vitaly, l'une des pistes serait de garantir des contrats avec une durée clairement définie plutôt que de recourir à une mobilisation sans échéance connue. D'autres dénoncent surtout les scandales de corruption autour des exemptions et réclament que les règles soient enfin les mêmes pour tous.

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Source originale : Franceinfo.fr — 28/07/2026 12:52

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