Diverses disciplines artistiques vont se côtoyer durant la 9e biennale Chambres avec Vues, l’un des plus grands parcours artistique du payx Belgique, les week-ends des 14-15 et 21-22 mars. Toutes les visites sont gratuites. ...
Dès ce week-end, la 9e biennale Chambres avec Vues débute à Namur et ses environs (Beez, Belgrade, Bomel, Bouge, Champion…). Au programme: 150 sites d'exposition et plus de 500 artistes, amateurs ou confirmés, réunis pour une édition intitulée Hors Norme. "Avec cette thématique, il s'agit de présenter des œuvres qui peuvent surprendre, voire déranger", souligne Valérie Sacchi, chargée de communication au Service culture de la Ville.
Durant deux week-ends, ce parcours artistique, l'un des plus grands de Belgique, permet au public de découvrir gratuitement des œuvres dans divers lieux: lieux culturels mais aussi d'endroits insolites (gîte, hôtel, appartements…). Entre ces murs, certains exposants sont des fidèles de la première heure, car ils jugent la manifestation "chouette et sympa" ou encore "conviviale". "Ce sont des valeurs positives qui expliquent pourquoi ces artistes souhaitent revenir", dit Valérie Sacchi.
Cette édition présente aussi les réalisations de nouveaux venus. À l'instar des élèves de 5e et 6e secondaires des filières Mode et Artistiques de l'École des métiers et des arts de la Province de Namur (EMAP). Après l'IATA, c'est au tour de cette école provinciale d'occuper la Galerie du Beffroi, à Namur. "C'est l'occasion de mettre en lumière le travail de nos élèves, qui ont travaillé eux-mêmes à la conception de l'exposition", explique Valérie Gyselinx, directrice.
Cerveau en ébullition
Intitulée Synapses, cette exposition immersive ambitionne de placer le public comme un acteur dans le cerveau en ébullition d'un artiste. Au début du parcours, se dresse une coupole, éblouie par des projections, qui s'apparente à ce cerveau créatif. Au fil de la visite, une diversité de médiums se côtoie: formes fantomatiques sur papier japonais, totems en argile ou chapeaux hauts en couleur. "Il y a une belle rencontre entre les parties artistique et mode, expose Lætitia Lefèvre, professeure de volume. Il n'y a pas de scission entre les deux, tout ce monde se rencontre de manière subtile."
En prévision du vernissage de l'expo, mercredi soir, les élèves étaient à l'œuvre dès 8 h pour les ultimes préparatifs, encadrés par leurs enseignants. La majorité des travaux ont été réalisés lors de la Semaine d'atelier, durant laquelle les jeunes s'initient à d'autres projets artistiques. "On a découvert de nouvelles matières et techniques, par exemple la gravure sur bois", relate un des jeunes exposants.
Univers singuliers
Aux visages de profil, gravés sur bois, s'ajoutent aussi des silhouettes réalisées par Celio Servotte, élève de la section Mode. Avec des fils de fer et à coudre ainsi que du plastique, il donne vie à des formes classiques ou plus extravagantes. Un univers singulier qui côtoie celui de ses condisciples. "Il y a une bonne communication entre tout le monde, mais c'était short niveau timing", confie un élève. L'exposition Synapses reflète cette mixité à travers les arts que prône Chambres avec Vues. "Il y a un brassage de discipline lors de cet événement qui favorise l'échange entre les créateurs et le public", dit Valérie Sacchi.
Les 14-15 et 21-22 mars de 11 à 18h. Nocturne les samedis jusqu'à 20h en certains lieux. 081 24 64 49 www.cav.namur.be
Décrochez, c'est un inconnu au bout du fil
Jean-Yves Rousseaux remettra le téléphone fixe au goût du jour au fil de quatre expositions de Chambres avec Vues.
Souvenez-vous, pour ceux qui l'ont vécue, l'époque des appels interminables, passionnés, l'oreille fixée au combiné. "Ce n'est pas le smartphone, le téléphone fixe. On ne sait pas se déplacer, on doit parler car on ne peut pas écrire, on est fixé à un mur, coincé avec un fil et un cornet en plastique qui nous fait mal à l'oreille à la fin", sourit Jean-Yves Rousseaux.
Ce passionné de la bidouille fera renaître la nostalgie du téléphone fixe lors de Chambres avec Vues avec le projet "Call to the Unknown". Pour ce faire, il a posé des téléphones dans quatre expositions. Ceux-ci sont interconnectés au sein d'un circuit fermé. Dès que quelqu'un emprunte un des quatre combinés, un voyant lumineux signale sur les autres téléphones la présence en ligne d'un interlocuteur. Et libre à chacun, connu ou inconnu, de décrocher. "J'aurais pu les faire sonner, mais j'estime qu'il y a déjà bien assez de bruits dans nos environnements" insiste le créateur.
Ce Namurois n'en est pas à sa première expérience. Déjà gamin, il trafiquait les vieux téléphones pour établir une ligne fixe entre sa chambre et celle de son frère. "Pour Chambres avec Vues, je les ai rendus wifi compatibles à l'aide d'un mini-ordinateur intégré. J'ai aussi récupéré de vieux écouteurs pour le câblage." Celui qui prendra le combiné en premier entendra un message d'accueil avec des explications sur le projet de Jean-Yves Rousseaux.
"Les téléphones ne seront placés que dans des lieux participants à Chambres avec Vues. Cette installation sera le prototype d'un projet plus large, car j'aimerais placer ces téléphones dans des lieux publics, supermarchés, cafés, restaurants, par exemple."
Sa démarche s'inscrit donc, aussi, dans le cadre d'une expérience sociale. Comment faire communiquer deux personnes qui ne sont pas censées se rencontrer de manière aussi intime qu'un mano a mano confidentiel, téléphonique ? Et si le téléphone fixe, disséminé dans des lieux faussement aléatoires, pouvait remplir la promesse manquée d'internet et des réseaux sociaux. Soit, mettre en contact des personnes aux profils différents, aux opinions divergentes, socialisées dans des lieux adverses. "Je pourrais aussi ajouter un mot d'intro qui rappelle l'histoire du lieu où est posé le téléphone, ancrer l'objet dans l'espace."
Les téléphones seront disponibles aux abattoirs de Bomel, dans les locaux de l'Incubhacker (club de joyeux technophiles), dans une exposition wépionnaise et à l'Harscamp.
"Eaux Normes", la photographie les pieds dans l'eau
Envoyer des photos à un assureur n'empêche pas de poser un certain regard. C'est le pari de quatre Wépionnais, victimes chroniques d'inondations.

Juillet 2021, le mur de soutien de la rue Marcel Lecomte est transformé en cascade. Les eaux boueuses forment des torrents destructeurs, sans égard pour toutes les maisons situées entre l'amont et la Meuse. "Depuis 2021, je dis en général que ma maison a été inondée une petite dizaine de fois", souligne Baptiste Gandibleux, riverain de la rue Marcel Lecomte à Wépion.
Chaque sinistre entraîne le même rituel. Protéger, écoper, nettoyer et, surtout, capturer les dégâts en images pour les envoyer à l'assurance. "Au fur et à mesure du temps et des inondations, mes photos sont devenues plus artistiques, je faisais des cadrages particuliers, avec la boue, les dégâts."
Vient alors l'idée de Chambres avec Vues. Et la distribution d'un toutes-boîtes pour fédérer les voisins autour d'une exposition commune de photos d'inondations à haute potabilité artistique. "Au vu des nombreuses inondations, je me suis dit que je ne devais pas être le seul à avoir plein de photos prises pour montrer les dégâts à mon assureur." Trois riverains de la rue Marcel Lecomte ont répondu à l'appel. Ils ont alors puisé dans leurs galeries photos les trente meilleures images en vue de Chambres avec Vues. "Nous avons aussi monté deux vidéos, sur base de ce que nous avons tourné chacun de notre côté. On a remarqué qu'on filme souvent nos pieds dans l'eau, dans la boue", sourit Baptiste Gandibleux.
La sélection sera visible dans la cave de l'initiateur du projet, maintes fois sous eaux, rue Marcel Lecomte. Avec en prime quelques bonus, vestiges naturels et outils dégradés par le passage des eaux. "Il s'agit de montrer une problématique très locale, celle du quartier, et de s'interroger sur la récurrence plus globale de ces phénomènes d'inondations", conclut le Wépionnais.
Grossès-êwes – Rue Marcel Lecomte 157 Wépion
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
Retour aux news