Le premier parc canin de Namur a été inauguré samedi à Bouge. L’affluence observée témoigne d’une demande bien réelle. De quoi envisager d’autres implantations. ...
Ce samedi, le premier parc canin de la capitale wallonne a été inauguré à l'arrière du hall sportif de Bouge, rue des Etourneaux. Plusieurs dizaines de personnes avaient fait le déplacement, accompagnées de leur fidèle compagnon à quatre pattes. Le bouche-à-oreille a pleinement joué son rôle.
Dans la foule, on croisait notamment Mathilde et Thibaud, venus avec Mazie, leur border collie de 11 mois. "Nous venons de Gembloux. Pour nous, c'est un bon moyen de sociabiliser notre chienne et de lui faire rencontrer des chiens qu'elle ne croiserait par dans notre quartier." Même son de cloche pour Caroline, venue d'Andenne avec son corgi Winnie. "Nous la promenons et nous avons un jardin à la maison, mais ici, elle peut acquérir les codes de la vie en communauté."
Si le parc canin de Namur attire au-delà des frontières communales, c'est que ce genre d'infrastructure est encore rare. Et pour cause, leur création implique une série de contraintes, comme le rappelle l'échevin du Bien-Être animal, Benoît Malisoux.
"Le plus difficile est de trouver le bon endroit. Il faut de l'accessibilité, être à proximité de sentiers de promenade, mais aussi de la place, tout en étant un peu à l'écart des habitations, mais pas trop…" Les parcs existants sont également à éviter, car la cohabitation entre un parc canin et les autres usagers peut s'avérer problématique.
Le terrain retenu à Bouge, déjà propriété de la Ville, cochait toutes les cases. Il a néanmoins fallu deux ans pour concrétiser ce projet lancé sous la précédente législature.
Deux espaces
D'une superficie de 10 ares, le parc canin namurois est divisé en deux espaces accessibles via des sas. L'un est réservé aux petits chiens, l'autre aux plus grands gabarits.
À l'intérieur de ces zones, quelques obstacles en bois et des tunnels réalisés avec des conduites d'eau ont été installés. "C'est de la récupération", se félicite l'échevin en charge par ailleurs du service éco-conseil. Au total, le budget consacré à la création du parc avoisine les 25 000 euros. L'essentiel de cette somme a été consacré à l'achat et à l'installation des clôtures qui sécurisent le site.
L'opération sera-t-elle reproduite ? "Je pense que c'est une première qui en appelle d'autres, indique l'échevin. Des personnes nous contactent et proposent le parc Astrid, à Jambes, le parc Louise-Marie… Ce ne sont pas des lieux qui répondent à tous les critères, mais nous travaillons à identifier un lieu propice, dans une autre zone que Bouge", conclut l'élu tout en indiquant que cette réalisation n'est qu'une étape vers davantage d'intégration du bien-être animal dans les politiques locales.
Quels conseils pour une cohabitation sereine ?
Comportementaliste canin, Stéphanie, de Steph&Co était présente ce samedi pour accompagner les propriétaires dans leurs premiers pas au sein du parc canin. Un outil qui, affirme-t-elle, permet de répondre aux besoins des chiens en matière de jeu, de dépense physique et d'interactions avec leurs congénères.
Comment faire pour que ces interactions se passent au mieux ? "Le maître-mot c'est de les laisser interagir, tout en restant attentif à son chien afin d'anticiper tout conflit", explique l'experte. Cette vigilance doit permettre au propriétaire de reconnaître si le chien joue, ou s'il se trouve dans une situation d'inconfort. "La queue rentrée entre les pattes ou oreilles plaquées en arrière, ce sont des signes d'inconfort."
En cas de tension, il est utile de rappeler son chien, "sans crier", insiste la comportementaliste. "Il est également important de rester en mouvement. Les chiens pourront ainsi passer à autre chose et, éventuellement, revenir plus tard à une interaction plus posée." Précisons qu'au sein du parc, les jeux et la nourriture sont à proscrire. Les chiens doivent évoluer sans laisse. "Le mieux, c'est aussi de promener son chien un minimum avant de l'emmener au parc canin afin qu'il évacue un éventuel trop plein d'énergie. Le but, c'est qu'il n'arrive pas en mode cocotte-minute et que les interactions ne soient pas trop brutes."
Une bonne photo, un peu de patience
En plus des sacs destinés à ramasser les déjections, le smartphone semblait être l'accessoire indispensable pour se rendre au parc canin.
Qui aura la plus belle photo de Mirza ? À ce petit jeu, Julie Smolders et son imposant objectif avaient sans doute une longueur d'avance. "Certains sont parfois impressionnés par la taille de l'appareil photo", sourit-elle.
Originaire de Durbuy, la jeune femme s'est lancée comme photographe complémentaire il y a quelques années. "Je réalise principalement des photos de chevaux, mais aussi de chiens. Je vais partout en Wallonie."
Les motivations des clients sont très différentes, mais selon Julie Smolders de plus en plus de personnes font appel à ce genre de prestations. "Certains veulent des photos pour chez eux, d'autres font plusieurs shooting par an pour suivre l'évolution du chien. Enfin, il y a ceux qui veulent du contenu pour les réseaux sociaux. Dans ce cas, ils ont plutôt entre 20 et 35 ans."
Le secret du bon cliché ? La patience. "Il en faut beaucoup. C'est normal qu'un chien bouge, il ne peut pas rester figé. S'il a décidé qu'il n'allait pas s'asseoir pendant 10 minutes, pas le choix, il faudra trouver une autre position. Les promener, cela aide à ce qu'ils aient la tête ailleurs…"
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