C'est un signal fort pour des milliers de patients qui manquaient d'options. Une équipe de recherche internationale, pilotée par la Queen Mary University de Londres, vient de publier dans la revue scientifique The Lancet les résultats d'une étude clinique de phase III qui change la perspective. Le sujet ? L'efficacité du médicament Ocrelizumab sur une population de patients atteints de Sclérose en Plaques Primairement Progressive (PPMS), une forme de la maladie caractérisée par une dégradation continue dès le départ, et qui restait jusqu'ici un véritable casse-tête thérapeutique.

Comment ce traitement change-t-il la donne pour les patients ?

L'étude ORATORIO-HAND n'est pas une simple formalité. Elle a inclus plus de 1 000 participants dans 22 pays, avec un profil volontairement plus large que les études précédentes. L'âge limite a été poussé à 65 ans et, point crucial, des personnes déjà lourdement handicapées, certaines en fauteuil roulant, ont été intégrées. C'est précisément cette population, souvent exclue des essais cliniques, qui avait le plus besoin de réponses sur l'efficacité d'une thérapie.

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La méthodologie était rigoureuse : un groupe recevait l'Ocrelizumab par intraveineuse, l'autre un placebo. Le but était de mesurer non seulement la mobilité globale, mais surtout de se concentrer sur la fonction des membres supérieurs. Pourquoi ? Parce que pour un patient à un stade avancé, conserver l'usage de ses mains, c'est conserver une part immense de son autonomie et de sa capacité à communiquer.

Quels sont les résultats concrets de l'étude ORATORIO-HAND ?

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le risque global de voir la progression de la maladie se confirmer sur 12 semaines a été réduit de 30% dans le groupe traité par Ocrelizumab. Mais l'analyse devient encore plus percutante quand on regarde les détails. La détérioration de la fonction des mains et des bras, mesurée par un test standardisé de dextérité (le 9-Hole Peg Test), a été freinée de 41%

Et ce n'est pas tout. Pour les patients qui étaient encore capables de marcher au début de l'étude, le risque de devenir dépendant d'un fauteuil roulant a chuté de 52%. L'effet est encore plus marqué chez les patients présentant des signes d'inflammation active, avec une réduction du risque de progression du handicap de 55%. Ces données valident l'intérêt du traitement bien au-delà du cercle restreint des patients jeunes et en début de maladie.

laboratoire : Julia Koblitz.

Pourquoi la préservation de la main est-elle si cruciale ?

Au-delà des pourcentages, il y a la réalité du quotidien. Perdre l'usage de ses mains, c'est perdre la capacité de manger seul, d'écrire, d'utiliser un smartphone, de se livrer à un loisir. C'est une perte d'indépendance radicale. Le professeur Gavin Giovannoni, auteur principal de l'étude, insiste sur ce point : ces résultats prouvent qu'un traitement peut faire une différence significative pour préserver ces fonctions essentielles. On ne parle plus seulement de ralentir la marche vers la dépendance, mais de maintenir activement la qualité de vie.

Cette étude offre donc une nouvelle perspective pour la prise en charge de la Sclérose en plaques dans sa forme progressive. Elle démontre qu'il n'y a pas de fatalité, et que même face à une maladie avancée, une intervention médicamenteuse ciblée peut encore protéger ce qui compte le plus pour les patients : leur autonomie.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qu'est-ce que la Sclérose en Plaques Primairement Progressive (PPMS) ?

C'est une forme de sclérose en plaques qui touche environ 5% des patients. Contrairement aux formes avec des poussées et des rémissions, la PPMS se caractérise par une aggravation lente mais constante des symptômes neurologiques et du handicap dès son apparition, avec très peu d'options de traitement efficaces jusqu'à présent.

L'Ocrelizumab est-il un nouveau médicament ?

Non, l'Ocrelizumab (vendu sous le nom d'Ocrevus) est déjà autorisé pour traiter certaines formes de sclérose en plaques. La nouveauté de l'étude ORATORIO-HAND est de prouver de manière robuste son efficacité sur une population de patients atteints de PPMS bien plus large et à un stade plus avancé que ce qui avait été démontré lors des études initiales pour son autorisation.